3
octobre
2012

Ma perspective TaiChi en 2013

Bonjour,

plus de trente ans déjà et l’aventure taichichuan continue à Namur. Même motivation : une voie de bien-être ou de mieux-être partagé. Même constat : Le corps est au départ de notre présence, de notre conscience et de notre action. Prenons-en soin, aimons-le.

Autour d’une affirmation :  Le plaisir  est le moteur des apprentissages heureux –  Evitons ce qui le gâche, cherchons à ouvrir la pensée et le coeur, lâchons les croyances toutes faites et cultivons la curiosité et le sens de l’autre.

Depuis 1983, ma pratique  TaichiChuan s’accorde  avec le style Yang Michuan . Elle s’est continuellement ajustée à la fréquentation d’autres styles – Rencontres Jasnières, TaiChiT’cho, Lalita, Hannover…

J’ai creusé la compréhension énergétique avec une formation en médecine chinoise, j’ai approfondi le rapport physiologique dans la thérapie manuelle/ostéopathie, j’ai approché ses résonances chamaniques – souffle et son, voix et rythme, j’ai écouté les résonances symboliques de la tradition – orient/occident, j ai bien sûr creusé l’essence martiale conjuguant l’efficacité défensive et la bonne santé.

Depuis une dizaine d’années, la danse est venue compléter le sens de la relation et du plateau – espace/temps avec Laurence – TaichiTango avec Jo. Aujourd’hui, Danza Duende avec Yumma, met l’art au rang d’une sagesse au quotidien. Une invitation à plus de conscience pour « danser sa vie et vivre sa danse ». Réveiller la bonté et la beauté profonde de chacun, sentir l’interdépendance des humains dans une société plus harmonieuse.

Un égoïsme altruiste qui se réjouit du bonheur des autres, ne souffre pas du malheur et s’attache à aider.

Voilà qui ne change pas le contenu mais clarifie le propos : mieux-être, plaisir et contagion sur base de culture de l’énergie et du sens de l’autre.

Les occasions:

  • ChiGong : intériorisation / espace-temps / 6 animaux / 4 éléments / les spirales / les tours pivots / bâton court
  • TaiChiChuan : forme courte 13 de base / forme longue 3 duans / formes à l’éventail et au bâton long
  • Tui Shou : la relation duo / duel – guerrier Duende – un art martial pour la paix
  • TaiChiTANGO :  Le voyage dansant du tango argentin dans une exploration évolutive de ses composantes : posture, pas, abrazo, musiques et rythme.

Au plaisir de vous revoir.

10
mai
2012

Une rencontre euphorique – Danza Duende

Les rencontres enthousiasmantes ne sont pas courantes. L’expérience Danza Duende que je viens de vivre début avril est de celles qui régénèrent en élevant les pratiques énergétiques à un projet de vie.

La proposition est simple et rigoureuse – réveille en toi la source de l’euphorie pour vivifier ton quotidien à la lumière d’expériences sublimes (Duende) et entre dans la conscience active de l’autonomie et de l’interdépendance.

La mise en oeuvre est riche d’expériences croisées, de rencontres symboliques, de silence et de paroles, de musiques et de danses, de souffles et de postures, de rires et de pleurs autant que de mains et de pieds. Tout est à advenir dans la conscience de la liberté et de la contrainte pour lever les obstacles à la jouissance de soi et à l’ouverture aux autres et aux mondes.

Le parcours est repéré, il y a des thèmes et des niveaux d’approfondissement. Pas de contenu doctrinal, pas de méthode patentée mais un projet exigeant qui se nourrira de formes déjà existantes et de créativité.

On y parle français, anglais, espagnol, portugais, italien,… Des femmes, des filles, des dames, la participation est majoritairement  féminine mais l’exercice met en oeuvre la dynamique masculin/féminin en jouant des polarités homme/femme en chacun de nous.

Alors, homme, mon ami, toi qui fréquente les vertus martiales et viriles n’hésite pas à te lancer dans l’aventure danza duende pour y trouver la maturité de la femme, de la mère et de la fille, de la compagne et de l’aimante.

infos : www.danzaduende.org

Bon voyage.

Jean Luc

 

 

 

16
février
2012

Les « classiques » du Tai Chi Chuan

Des pratiquants, maîtres en la matière ont condensé leur compréhension du TaiJiQuan dans quelques textes que l’on a l’usage de nommer

les CLASSIQUES du TAI JI QUAN.

L’appellation  « Classiques » est la manière chinoise d’authentifier la valeur de la pratique. En effet, les livres classiques (Jing)  sont des textes fondateurs de la culture chinoise, ils sont vénérables et remontent aux temps primordiaux.

EN ce qui nous concerne, on cite : le classique du TaiJiQuan attribué Zhang SanFeng, le traité de TJQ de Wang Zong Yue et le chant des 13 postures

Mais ce n’est qu’au début du XXè qu’on été diffusés ces textes en référence  à l’ancienneté et  à l’authenticité d’un lignage. Ainsi parurent

1919 – TaijiQuan illustré par Chen Xin, érudit de la famille Chen

1924 – étude sur le TaiJiQuan par Sun Lu Tang

1934 – Principes et applications de TaiJiQuan par Yang ChengFu

1935 – les 40 chapitres des familles Wu et Yang.

Aujourd’hui que le TaiJiQuan a diffusé à travers le monde, que des commentaires de commentaires ont circulé, que des images et des vidéos nous inondent que nous importe ces textes ? Anciens ou récents, du nord ou du sud, d’un style ou d’un autre  c’est leur capacité à nous instruire et nous questionner qui comptent.

Les mots sont  insuffisants pour décrire l’expérience en mouvement, l’image insuffisant pour décrire ce qui se passe au-delà des apparences mais tous deux sont parfois capables de susciter des interrogations, de questionner notre rapport au corps et à l’esprit.

La force des bons textes  est de n’être ni descriptifs ni prescriptifs.

Non  » il faut faire comme cela »  ou « Tiens-toi droit » mais  des formules poétiques, des métaphores qui, précisément nous transportent au-delà du mot et de l’image.

Ainsi la formule fondamentale qui situe la genèse d’un monde, le départ d’une aventure. La citation n’est pas  textuelle,  je rends l’essentiel de ce qui m’a ému.

 » Les souffles clairs et subtils montent vers le Ciel-soleil, Les souffles lourds descendent à la Terre-terre et l’harmonie naît entre-deux, au vide médian, là où vit l’Homme-nature  »

La verticalité  rendue par la polarité Ciel/Terre n’est pas un objet planté une fois pour toutes mais un axe à mettre perpétuellement en acte.

Chaleur et lumière fécondent, ils font tourner l’air et l’eau. La terre nourrit , l’arbre pousse, comme l’humain.

« Qui ne se plante pas ne pousse » selon une formule en usage. La croissance harmonieuse implique d’avoir les pieds sur terre et la tête au soleil.

Mais il faut encore que le courant passe du soleil vers les racines et des racines vers les feuilles. Pour cela, il s’agit d’ouvrir les portes et les pores, de lever les obstacles

et de libérer le flux des vaisseaux et canaux.

La détente consiste à lâcher les tensions qui nous brident, à déposer ce que l’on porte indûment, à laisser dissoudre et fondre les amas pour s’abandonner à l’attraction terrestre.

Laisser décanter la posture est un aspect profond de la détente qui, de la surface à la profondeur invite à relâcher les grands muscles de la motricité volontaire puis les muscles posturaux et plus profondément encore la musculature végétative, celle que l’on ne contrôle pas volontairement mais qui répond étroitement à nos états de stress et de préoccupation. Se détendre, s’accepter, s’aimer, s’ouvrir et sourire… un processus sans fin.

L’autre versant consiste à étirer, à éloigner les deux extrémités d’un même segment, à ouvrir les articulations, rouages et relais. Un tonus ajusté  nous fait tenir debout, ouvert et grandi.

Ouvrir et fermer, s’intérioriser et s’extérioriser, imprimer et s’exprimer, inspirer et expirer. Dans tous les aspects de la vie, l’esprit est capable de discerner des forces qui se répondent, qui font couple, concourent et coopèrent. La dynamique yin/yang crée la relation et, là où l’esprit la met en oeuvre, là vient l’énergie, la sensation et le dynamisme.

Voici condensé, par la vibration d’une phrase, l’essentiel des Classiques en rapport avec la posture et son vécu : Rectitude et alignement, Détente et étirement, yin/Yang et communication. L’esprit est aux commandes, l’énergie s’active et s’exprime par le corps.

30
juillet
2011

La postura en el Tai chi chuan

La postura en el Tai chi chuan

La construcción postural es un tiempo fundamental del  aprendizaje y la práctica del Tai chi chuan.

Buscar la postura justa es, ante todo, una práctica que nos coloca en nuestro sitio y hace que nos sostengamos en pie.

Práctica exigente para reunir en un mismo individuo alineación  corporal y elasticidad, fuerza y suavidad, enderezamiento y relajamiento, estabilidad y disponibilidad.

Es una inversión preciosa para abordar lo cotidiano del cuerpo, del gesto y del movimiento.

La perseverancia es necesaria, pero la proeza es a menudo tóxica. Cuanto más se busca dentro del registro natural, sin perder la exigencia de los puntos de referencia, más se aproxima uno a una validez todo-terreno.

Con el tiempo, la conciencia postural se vuelve un estado de espíritu, una postura existencial.

El cuerpo es el lugar donde vivo y desde donde hablo, fiador de mi autonomía.

Se gana en sencillez y en autenticidad cuidando de no separarse de la referencia a la experiencia personal.

Dentro de la práctica de las Formas, que sólo constituyen la parte más popular de la disciplina, parece erróneo, sin embargo, sujetarse a las posturas, como si la coreografía fuera una secuencia de fotos con etiquetas: “la grulla blanca, la serpiente que repta, las 7 estrellas…” ; trampas de la traducción y de la recepción, en los primeros tiempos, que tienden a permanecer y a ser repetidas con ganas, sin cuestionarlas. La palabra sustituyendo el concepto. ¿Sin lugar a dudas?

Se dice de la Forma que gestos y movimientos fluyen como las aguas del río, que las 8 « técnicas » sólo son transformaciones de energía que, efectivamente, se aprovecha de las continuas mutaciones yin/yang.

A partir de entonces, no hay « congelación de imagen » y la coreografía vive de su fluidez y de su continuidad. No se detiene el fluir del río; en él  se ve una potencia profunda canalizada. Ésta se acumula, por el hecho de las olas y de los remolinos, para rodear o sumergir el obstáculo, pero no se detiene.

Sin embargo, no hay dos ríos iguales, ni dos instantes idénticos en la misma corriente.

Su vitalidad proviene sólo de la interpretación del actor, no de la repetición escolar de las posturas bien ejecutadas.

La mente puede leer en ella instantes, captar momentos, sentir en ella poses, pero disfruta con la pujanza continua y contenida, en la euforia del gesto bien llevado.

En el ejercicio « Tui Shou » a dos (empuje de manos, según la pobre traducción en uso), donde los movimientos y las variaciones son constantes, importa que los fundamentos posturales estén bien establecidos, pues la circulación de la energía depende, en gran medida, de la integración postural.

Los puntos de regencia formales que marcan la postura

-separación de los pies, adelantamiento de la rodilla, cadera hacia atrás (retroversión), apertura de los hombros, cabeza erguida…- son útiles para despertar el sentir de la energía y su movilización pero, en la « lucha » más libre, a menudo pierden su rigidez formal. Se transforman pero sin perder su coherencia energética. No es bueno estar « en mala postura ».

A la postura, se vuelve constantemente para mejorar la eficacia sin esfuerzo, la elegancia del gesto.

Es en el Qi Gong donde se cultiva la sensibilidad a la energía y es en su movilización que el ejercicio encuentra su pleno rendimiento.

En la aparente inmovilidad postural donde se « está posando » se juega con la activación de las tensiones contrastadas, de las fuerzas  concurrentes que agudizan lo percibido y lo sentido.

Donde no se ve nada, donde parece que nada pasa, la corriente pasa, efectivamente.

Colocarse, soltarse, adaptarse y, ¿por qué no?, descansar.

La postura bien entendida conjuga los efectos de la práctica del Tai chi chuan.

Jean-Luc Perot, Enero 2011

9
février
2011

La Chute

Rapide, économique et simple,  la chute ouvre un champ d’exploration Tai Chi.

Les terriens

Nous vivons sur terre « comme des poissons dans l’eau » sans penser à l’air que nous respirons, à la pression atmosphérique qui nous pèse sur la tête et à l’attraction terrestre qui nous attire vers le centre de la terre.

Nous tombons sans cesse et le sol arrête notre chute en nous donnant la sensation de poids.

Nous sommes des êtres de chute au sens premier du terme. La chute libre nous est naturelle et tenir debout est un acte de résistance obstinée. La fatigue et le vieillissement nous ramènent à la terre, nous tombons  jusqu’à la tombe. Humblement, l’humus nous attend pour nourrir de nouveaux élans.

La détente

Comme nous sommes forcément très attachés à la terre, le plus simple, le plus confortable et le plus sage est de l’accepter pleinement et de se détendre. Vivons heureux en regardant la vie, quand la mort sera,  nous ne serons plus.

Le fait de se sentir bien, d’être bien dans son corps implique la gravité qui participe directement à la conscience de soi. Nous sommes graves, pesants et lourds mais cela n’empêche pas d’être joyeux.

La détente, l’abandon des tensions superflues sera le conseil récurrent de la pratique Tai Chi. Pas de ramollissement amorphe mais au contraire, le maintien d’un projet, d’une forme tendue vers un devenir, une invitation au voyage allégé des bagages inutiles.

L’exercice de la détente est sans fin, toujours remis en chantier par la persistance de tensions résiduelles acquises et par l’apparition de tensions renouvellées par les projets et les craintes.

La chute libre est un thème utile pour une détente plus profonde impliquant le système musculaire et son contrôle cortical et partant, une disposition mentale accueillante à l’égard de la vie.

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26
novembre
2010

La philosophie Tai Chi

La philosophie Tai Chi : une pratique existentielle.

La pratique du Tai Chi Chuan, sa gestuelle et ses variations de style à orientation martiale ou récréative nous font facilement oublier que derrière ce que l’on en voit vibre une vision du monde et de l’homme.

Dao

Pour évoquer la vie, son foisonnement et sa marche en continu, on parle du Dao. Un processus créatif qui va de soi et embarque toutes les existences particulières. On dit usuellement la Voie, en français. On ne peut se l’approprier, on en voit les traces; on en fait partie et on ne peut qu’y adhérer. Des acceptions particulières font entendre qu’il s’agit d’un chemin de développement personnel au sens d’une réalisation intérieure. On parle ainsi de la Voie des arts martiaux (BuDo) au sein de laquelle des adeptes pourront trouver leur Voie et, éventuellement se frayer un chemin dans la vie. Quand on s’interroge sur la vie, ses origines ou son commencement, on bute sur la question de l’avant. Qu’est ce qui avait avant?

Wu Chi (sans trace,sans origine).

C’est le mystère initial. On essaye de comprendre, de saisir quelque chose en remontant au début mais, on a beau scruter l’horizon de notre entendement on ne distingue rien. Silence, vide, obscurité !

Tai Chi (l’Un, le Tout et le principe).

Mais il faut bien commencer alors, on parle d’un point ou d’un moment inaugural. La vision s’organise, l’entendement trouve un repère, un point d’appui. On peut commencer à comprendre. Tai Chi, le principe universel se donne comme point de départ et comme règle qui gouverne l’ensemble de la manifestation. En un sens plus particulier, l’individu est un Tai Chi, son corps organisé est un Tai Chi. Ce principe qui couvre tout l’édifice s’appréhende par l’harmonieux déséquilibre yin/yang.

Yin / Yang

C’est la coïncidence, la concurrence et l’intégration dynamique de deux polarités opposées et complémentaires. Au coeur de la globalité Tai Chi, les souffles Yang, plus subtils s’élèvent et vont former le Ciel alors que les souffles Yin, plus lourds se condensent pour former la Terre. Ainsi, au Ciel qui nous couvre, la puissance solaire, l’esprit et l’initiative créatrice, A la Terre qui nous porte, la gestation, la nutrition et la mise en forme des projets et des corps. Entre les deux pôles yin / yang s’inscrit toujours un écart, un vide essentiel qui permet leur relation continue. Sans distinction il n’y a que confusion et sans vide médian pas de relation.

Le vide et l’énergie, le Chi

Le Vide est le lieu de la vie, sans vide, pas de libre circulation. Le vide est la condition pour que les échanges et transformations Yin/Yang puissent opérer. De la matière palpable à la matière subtile, tout est Chi et c’est la dynamique yin/yang qui active le Chi. Nos sens n’appréhendent que les apparences mais le fil conducteur yin/yang nous aide à saisir le fonctionnement caché. Ce regard sur la vie et son fonctionnement peut paraître naïf mais il a le grand avantage d’être pratique et praticable. L’exercice du Tai Chi Chuan y prend ses références et la méthode d’entraînement implique la mise en oeuvre consciente du Tai Chi, c’est à dire du Yin/Yang c’est à dire du vide et du Qi.

Entrer dans la Voie du Tai Chi c’est remettre en jeu et en chantier la construction de soi et de ses rapports aux autres et au monde et c’est là le projet Jisei Do tel que formulé par Kenji Tokitsu et pratiqué dans nos cours.

18
octobre
2010

A propos du Qi Gong et de l’énergie

Le paysage TaiJiQuan se construit sur la référence au Qi et à la dynamique yin/yang. Tout comme il est insatisfaisant de chercher à traduire en français le nom  TaiJiQuan , il est tout aussi illusoire de trouver une traduction satisfaisante au terme Qi Gong. Mais, en fin de compte, peu importe, il est plus utile de préciser ce que l’on entend et propose sous cette appellation d’origine chinoise. Partant de la traduction usuelle de  Culture de l’énergie , je propose de situer la pratique dans une perspective éducative. Reprenons pas à pas.

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2
juillet
2010

Interne, vous avez dit interne ?

Le Tai Chi Chuan est classé dans la famille des arts internes. Cela semble aller de soi, chacun se faisant du Tai Chi Chuan une idée toute en rondeur, en douceur et en lenteur. Mais, à mon sens, cette appellation implique des principes et des modes fondamentaux de la pratique.

Intérieur, intériorité, intimité.

En voilà trois qui résonnent à mon oreille.

L’INTIMITE

l’aventure me concerne, elle commence avec moi. Il ne s’agit pas de la conquête d’une technique mais bien de la découverte progressive de ce qui me fait être. Une Vibration tellement intime que bien souvent, faute de recul, elle passe inaperçue. On se trouve donc d’emblée dans la construction de soi avec le désir de reprendre en main les forces de développement. On ne cherche pas de solution toute faite dans des identifications avec les modèles triomphants de la réussite richesse, du pouvoir, de la victoire ou de la domination. Non, on reprend l’aventure à l’intime, dans la profondeur du corps pour y instiller la détente.

L’INTERIEUR

Une conscience attentive aux crispations installées , aux contractions inutiles, aux restrictions de mouvement ou aux rétrécissements des flux. Attendrir la chair en y installant douceur et tendresse, comme un sourire, un abandon confiant à la pesanteur et à la terre qui nous reçoit. La force qu’on dit volontiers profonde en se référant à la robustesse, vient de l’os. La charpente osseuse est inséparable cependant de l’articulation et du muscle.

L’OS sera porteur du redressement, garant d’un alignement qui conduit droit à la terre et neutralise ainsi les forces qui nous déséquilibrent.

L’ARTICULATION garantit l’harmonie du mouvement de toutes les pièces qui composent l’ensemble du corps individuel. C’est un rouage précieux qui redistribue les forces de la verticalité. A la fois point d’appui et point pivot, ce relais capte et redirige les forces alentour.

Le MUSCLE permet l’expression élastique de la force. Il sera sollicité moins dans sa contraction que dans son étirement par éloignement de ses insertions. Jouer du grandissement contre la pesanteur, de l’ouverture contre l’enroulement et du dégagement contre l’étouffement nous incite à vivre la présence à soi en volume .

Le VOLUME voilà que se dégagent un intérieur, un creux et une enveloppe externe : un oeuf. Ce creuset entre crâne et pelvis sera le lieu symbolique de nos transformations . La dynamique yin/yang y joue à plein rendement. haut/ bas, avant/arrière, gauche/droite, superficie/profondeur, fermeté/douceur, droite/courbe,…

L’INTERIORITE

Trouver son centre. Lieu d’équilibre entre les tensions contrastées, la posture centrée permet de libérer la force dans toutes les directions. point départ et point de retour pour de multiples voyages intérieurs, la posture centrée permet l’expansion comme la concentration. Moyeu d’une roue qui tourne dans les trois dimensions, la posture centrée est partout dans l’axe de notre désir. L’orientation permet de marcher vers l’essentiel. L’intériorité est une boussole qui évite de se perdre dans la mesquinerie du quotidien. Pauvreté de la richesse, du pouvoir et de la propriété quand ils nous possèdent. La jouissance du simple fait d’être là permet d’aborder tous les terrains sur tous les plans et, comme une oeuvre qui se construit, de cultiver les forces de notre devenir.

Tai Chi Chuan: la confrontation implique la rencontre, là où intériorité et intimité ne sont pas égoïstes, n’excluant pas l’autre dans un nombrilisme suffisant. Elles sont au contraire la force de l’individualisme qui toujours va vers l’autre dans son individualité. Une force qui permet d’ouvrir ou fermer, de choisir ou d’éviter, de dire oui ou non pour trouver en l’autre la fréquence d’intimité utile à la relation juste.

L’ART INTERNE qualifie donc ce processus qui partant du corps et de l’exercice selon des critères précis inscrit progressivement ses résonances dans l’esprit, le coeur et le comportement de l’artiste engagé dans la Voie.

7
juin
2010

Le Tai Chi Chuan, un art martial ?

Le Tai Chi Chuan aujourd’hui est-il un art martial ?

Il est bien malaisé de répondre catégoriquement à la question. Certains choisissent clairement d’abandonner l’idée martiale et pratiquent une gymnastique de santé ou une danse où se cultive l’énergie selon la perspective d’une tradition chinoise dite taoïste. La difficulté vient de ceux qui optent pour l’art martial mais ne peuvent en définir les contours et les implications.

Essayons d’éclairer le propos…

Si Mars est bien lié à l’art de la guerre

on ne peut que sourire de la lenteur, de la douceur et de l’imagination de ceux qui jamais ne se vérifient dans l’affrontement. Aller au combat invite à se forger un corps et un mental capable de tenir le choc. Il faut se renforcer. Savoir clairement ce que l’on veut et être prêt à s’exercer assidument. Qui dit force dit muscles et ossature, sang et souffle, coordination neuro-motrice et entraînement. Mais, là où le sport invite à se construire dans la performance – plus lourd, plus vite, plus loin – le Tai Chi Chuan valorise l’exercice interne.

Exercice interne, Qi Gong, qu’est-ce-à-dire ?

Le concept d’énergie ( Qi) ne sépare pas le souffle du sang et de la globalité du corps mais la culture de l’énergie (Qi Gong)  y ajoute la pensée c’est à dire, la représentation imagée de ce que l’on veut faire et l’écoute c’est à dire, l’éveil d’une sensibilité consciente pour sentir et ressentir. Ici, la résistance est imaginée en même temps que le mouvement et, plus elle est importante, plus l’effort est conséquent!

La formule est intelligente. Pas de matériel, pas de tenue, pas de lieu spécialisé. Une détermination tranquille et une concentration souriante pour « allumer » les circuits sensori-moteurs qui portent le geste intégré. Une ligne à haute tension qui court de l’appui au sol à la main qui agit, de la profondeur de l’os jusqu’à la peau  en passant par tous les rouages mécaniques et  énergétiques où  la force prend appui.

Toujours, on soigne la détente en relâchant l’excès de tension, toujours on cherche l’allongement en éloignant les insertions et toujours on intègre l’action locale à la globalité de la posture. Peu d’effort musclé et beaucoup d’effet. On sollicite non seulement la suite musculaire qui fait l’action mais aussi celle qui s’oppose à l’action et on joue de l’alternance et de la coïncidence ( la dynamique Yin/Yang) des actions contrastées ( tirer/pousser, étirer/concentrer, lever/abaisser,…). Peu de déchets métaboliques et pas de fatigue profonde avec, au contraire, une transpiration salutaire et une sensation tonifiante.

Si la lenteur est nécessaire pour construire la robustesse et faire le geste plein, l’expression peut être explosive, libérant dès le départ une grande énergie sur une courte distance.

La pratique martiale de Tai Chi Chuan , au sens plein du terme, associant lenteur et vitesse est peu répandue. Elle se construit sur les différents 3 registres usuels de l’entraînement :

  1. Les QiGong statiques et dynamiques; une ou des formes condensant le répertoire gestuel
  2. L’exercice en duo/duel, de « la poussée des mains » tui shou au san shou, forme libre de combat associant les percussions, balayages, prises et projections. Dans cette orientation, il ne suffit donc pas de pratiquer la poussée des mains en douceur ou en force, de faire des applications d’auto-défense pour justifier les séquences formelles ou de développer des forces inusitées par le Qi Gong pour se qualifier de martial.
  3. Seule l’expérience du combat libre inculque cette science du combat. Le respect de soi et le respect de l’autre font partie de l’enjeu. Il s’agit de ne pas se blesser.        Aller plus loin dans le réalisme de l’affrontement relève moins de l’art que de la guerre ou l’autre n’est qu’un obstacle à éliminer.

Si Mars est une référence symbolique

invitant à conserver l’acuité de l’art martial dans la formation de soi, il n’y a pas lieu de sourire devant la douceur d’une philosophie qui dépasse l’affrontement par la non résistance et invite chacun à ne pas se faire l’adversaire.

En effet, il en faut au moins deux qui s’opposent pour nourrir la brutalité du combat;  le Taichichuan invite à ne pas être celui qui servira d’appui à la force adverse.

La grande force se cache dans la douceur et l’aisance. Il faut être solide pour s’ouvrir à la vulnérabilité, pour accepter et accueillir l’agression sans en souffrir laissant l’attaque s’annuler dans le vide de la non résistance.

Ainsi, la vulnérabilité se cultive dans l’éducation martiale car il ne s’agit pas de se soumettre par débilité, paresse ou lâcheté mais de choisir  la liberté. Ni agressif ni craintif, à l’image de l’eau qui emplit les creux, contourne les obstacles, dissout ou ravine, se vaporise avec la chaleur et durcit avec le froid le pratiquant cultive la transformation et l’adaptation.

Joindre la force et la fluidité, la légèreté et la pression, la malléabilité et le surgissement, le calme et la créativité, tel est l’esprit Taichi où le plaisir est la lanterne qui éclaire le chemin.

Jean-Luc

20
avril
2010

Tui Shou : Pousser n’est pas jouer

Dans les rencontres européennes de Tai Chi Chuan, il est d’usage de se retrouver pour « pousser » lors des après-midi Tui Shou.

Après un certain temps, il ne reste généralement que quelques « gros bras » à s’escrimer alors que les autres s’ennuient alentour.

Question? Pourquoi s’entêter au Tui Shou statique, sans déplacement alors que cela conduit assez invariablement à augmenter l’engagement musclé  niant les principes d’aisance, de sensibilité et de souplesse propre au Tai Chi Chuan.

Là même où la progression martiale ne voit qu’un exercice, certes fondamental, vers l’intelligence du combat rapproché, l’entêtement musclé met un terme à la possibilité d’évoluer dans l’esprit Tai Chi.

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