7
juin
2010

Le Tai Chi Chuan, un art martial ?

Le Tai Chi Chuan aujourd’hui est-il un art martial ?

Il est bien malaisé de répondre catégoriquement à la question. Certains choisissent clairement d’abandonner l’idée martiale et pratiquent une gymnastique de santé ou une danse où se cultive l’énergie selon la perspective d’une tradition chinoise dite taoïste. La difficulté vient de ceux qui optent pour l’art martial mais ne peuvent en définir les contours et les implications.

Essayons d’éclairer le propos…

Si Mars est bien lié à l’art de la guerre

on ne peut que sourire de la lenteur, de la douceur et de l’imagination de ceux qui jamais ne se vérifient dans l’affrontement. Aller au combat invite à se forger un corps et un mental capable de tenir le choc. Il faut se renforcer. Savoir clairement ce que l’on veut et être prêt à s’exercer assidument. Qui dit force dit muscles et ossature, sang et souffle, coordination neuro-motrice et entraînement. Mais, là où le sport invite à se construire dans la performance – plus lourd, plus vite, plus loin – le Tai Chi Chuan valorise l’exercice interne.

Exercice interne, Qi Gong, qu’est-ce-à-dire ?

Le concept d’énergie ( Qi) ne sépare pas le souffle du sang et de la globalité du corps mais la culture de l’énergie (Qi Gong)  y ajoute la pensée c’est à dire, la représentation imagée de ce que l’on veut faire et l’écoute c’est à dire, l’éveil d’une sensibilité consciente pour sentir et ressentir. Ici, la résistance est imaginée en même temps que le mouvement et, plus elle est importante, plus l’effort est conséquent!

La formule est intelligente. Pas de matériel, pas de tenue, pas de lieu spécialisé. Une détermination tranquille et une concentration souriante pour « allumer » les circuits sensori-moteurs qui portent le geste intégré. Une ligne à haute tension qui court de l’appui au sol à la main qui agit, de la profondeur de l’os jusqu’à la peau  en passant par tous les rouages mécaniques et  énergétiques où  la force prend appui.

Toujours, on soigne la détente en relâchant l’excès de tension, toujours on cherche l’allongement en éloignant les insertions et toujours on intègre l’action locale à la globalité de la posture. Peu d’effort musclé et beaucoup d’effet. On sollicite non seulement la suite musculaire qui fait l’action mais aussi celle qui s’oppose à l’action et on joue de l’alternance et de la coïncidence ( la dynamique Yin/Yang) des actions contrastées ( tirer/pousser, étirer/concentrer, lever/abaisser,…). Peu de déchets métaboliques et pas de fatigue profonde avec, au contraire, une transpiration salutaire et une sensation tonifiante.

Si la lenteur est nécessaire pour construire la robustesse et faire le geste plein, l’expression peut être explosive, libérant dès le départ une grande énergie sur une courte distance.

La pratique martiale de Tai Chi Chuan , au sens plein du terme, associant lenteur et vitesse est peu répandue. Elle se construit sur les différents 3 registres usuels de l’entraînement :

  1. Les QiGong statiques et dynamiques; une ou des formes condensant le répertoire gestuel
  2. L’exercice en duo/duel, de « la poussée des mains » tui shou au san shou, forme libre de combat associant les percussions, balayages, prises et projections. Dans cette orientation, il ne suffit donc pas de pratiquer la poussée des mains en douceur ou en force, de faire des applications d’auto-défense pour justifier les séquences formelles ou de développer des forces inusitées par le Qi Gong pour se qualifier de martial.
  3. Seule l’expérience du combat libre inculque cette science du combat. Le respect de soi et le respect de l’autre font partie de l’enjeu. Il s’agit de ne pas se blesser.        Aller plus loin dans le réalisme de l’affrontement relève moins de l’art que de la guerre ou l’autre n’est qu’un obstacle à éliminer.

Si Mars est une référence symbolique

invitant à conserver l’acuité de l’art martial dans la formation de soi, il n’y a pas lieu de sourire devant la douceur d’une philosophie qui dépasse l’affrontement par la non résistance et invite chacun à ne pas se faire l’adversaire.

En effet, il en faut au moins deux qui s’opposent pour nourrir la brutalité du combat;  le Taichichuan invite à ne pas être celui qui servira d’appui à la force adverse.

La grande force se cache dans la douceur et l’aisance. Il faut être solide pour s’ouvrir à la vulnérabilité, pour accepter et accueillir l’agression sans en souffrir laissant l’attaque s’annuler dans le vide de la non résistance.

Ainsi, la vulnérabilité se cultive dans l’éducation martiale car il ne s’agit pas de se soumettre par débilité, paresse ou lâcheté mais de choisir  la liberté. Ni agressif ni craintif, à l’image de l’eau qui emplit les creux, contourne les obstacles, dissout ou ravine, se vaporise avec la chaleur et durcit avec le froid le pratiquant cultive la transformation et l’adaptation.

Joindre la force et la fluidité, la légèreté et la pression, la malléabilité et le surgissement, le calme et la créativité, tel est l’esprit Taichi où le plaisir est la lanterne qui éclaire le chemin.

Jean-Luc

20
avril
2010

Tui Shou : Pousser n’est pas jouer

Dans les rencontres européennes de Tai Chi Chuan, il est d’usage de se retrouver pour « pousser » lors des après-midi Tui Shou.

Après un certain temps, il ne reste généralement que quelques « gros bras » à s’escrimer alors que les autres s’ennuient alentour.

Question? Pourquoi s’entêter au Tui Shou statique, sans déplacement alors que cela conduit assez invariablement à augmenter l’engagement musclé  niant les principes d’aisance, de sensibilité et de souplesse propre au Tai Chi Chuan.

Là même où la progression martiale ne voit qu’un exercice, certes fondamental, vers l’intelligence du combat rapproché, l’entêtement musclé met un terme à la possibilité d’évoluer dans l’esprit Tai Chi.

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1
février
2010

La culture énergétique, une mutation existentielle

On est parti d’une réflexion sur la détente, abandon des tensions parasites pour arriver à la notion d’une tension harmonieuse, c’est à dire un détente active qui accepte l’usage d’une force bien dosée répartie sur l’ensemble du système.

Le troisième temps de cette réflexion met l’accent sur la continuité corps/esprit dans l’équilibre tension/détente. Sans corps, pas d’esprit et, sans esprit pas d’humanité .

La culture Tai Chi se réfère explicitement au cycle – intention / énergétisation / action où l’intention suscite l’énergie qui elle, porte le geste qui lui, libère la pensée. La pensée libérée, rendue disponible  pour un retour sur le résultat, engendre une réflexion puis, une autre intention et ainsi de suite. Plus on fréquente cette dynamique d’achèvement du cycle qui va de l’intention à l’acte, plus l’agir devient efficace pour devenir progressivement une manière d’être et de se comporter dans l’existence. On verra ainsi se conjuguer:

  1. Un premier temps, très pragmatique, qui incite à clarifier l’intention, à la simplifier et la préciser. On parlera de centrage plus que de concentration. Choisis ce que tu veux, évite ce que tu ne veux pas  et fais ce que tu fais!
  2. Un deuxième temps nous disant : écoute, sois réceptif à l’énergie. Réveille tes sens! Sentir et ressentir pour tirer davantage du presque rien quotidien. Les sons, les goûts, les couleurs, les odeurs, les textures, la chaleur, les présences,…tout est dans la nuance et rien n’est sans effet. La jouissance de soi invite à se réjouir! La pensée laisse sa trace dans le corps. Comme c’est beau, comme c’est bon, comme c’est doux!,….autant d’occasions de laisser résonner les effets d’une pensée de la jouissance heureuse.
  3. Un troisième temps incite à la curiosité. Apprendre pour comprendre et cultiver l’interrogation. Hors de notre portée immédiate s’organise le monde. Si le trop grand, le trop petit ou le trop complexe arrivent à nous par la  techno-science, c’est surtout par l’intelligence partagée avec tous ceux dont on procède que l’on y a accès. Curiosité rime avec créativité. Découvrir les autres qui ont imaginé, inventé et composé des oeuvres inédites, inouïes et impensées. Mais découvrir aussi notre propre créativité source de création et de recréation.

Le devenir est toujours en mouvement dans le processus de vieillissement. Mais Il s’alimente du suspens dans le processus de rajeunissement. Suspendre l’agitation pour rencontrer  la différence, l’inconnu, l’ailleurs ou l’autrement et découvrir le plaisir de l’autre.

Penser prépare ou inhibe. En ressentir physiquement les effets c’est accepter l’émotion et commencer à lire l’histoire de sa vie. Vaste proposition qui invite à laver ces yeux qui semblent regarder le monde alors qu’ils y projettent notre entendement et notre représentation. Il convient de reprendre l’aventure oubliée, celle de l’enfance et de notre construction mentale. On se réserve le droit d’inventaire des idées reçues, des a priori et des croyances qui bornent notre horizon. On interroge le socle culturel sur lequel s’est bâti notre perception:  Qu’avons nous implicitement accepté et enregistré comme idée du monde?

Observateurs et acteurs, nous sommes pleinement embarqués dans l’aventure qui crée notre monde «à notre image». La détente réactive la capacité à suspendre le mouvement pour inventer  c’est-à-dire pour revenir à soi et en soi, faire l’inventaire et imaginer d’autres issues. Exercice perpétuellement inachevé, le processus fait encore et toujours appel à la détente. L’abandon des fixations inutiles est toujours d’actualité car chaque idée engendre sa logique et l’idéologie, la logique d’une idée impose des crispations et des arrêts là où il est préférable de fluidifier.

Une philosophie du bien-vivre. Le plaisir d’être là, est en rapport avec notre ouverture d’esprit. La tension harmonieuse nourrit la sensibilité et accroît la sensualité. La jouissance est à l’honneur : Se libérer ou tout au moins s’alléger, choisir d’être heureux pour partager son plaisir avec qui le peut et qui le veut.

Cette proposition hédoniste invite au choix, non au retrait du monde, à la conscience éclairée et non à l’extinction de ses désirs.

Détente et tension harmonieuse n’invitent ni à subir par mollesse ni à dominer par stratégie mais, tout à la fois, à suivre et conduire son attelage pour aller avec plus de lucidité paisible et amoureuse.

14
juin
2009

Détente ou harmonisation des tensions

Soyez «Zen»!

“Détendez-vous, Soyez mois contracté, prenez le temps de vous relaxer!“ Invitations tellement familières que l’on entend et croit comprendre sans pour autant savoir comment faire.

L’idée qu’on s’en fait

Tension et contraction évoquent a priori des dynamiques opposées mais dans les deux cas, on comprend qu’il y a quelque chose à lâcher ou relâcher. La contraction insiste sur le resserrement. On réduit la longueur ou le volume en rapprochant les extrémités. On peut avoir les traits crispés, la gorge et le cœur serrés. On pense au muscle qui une fois resserré n’accepte plus d’être étiré.

La tension elle, étend en éloignant les points d’attache ou en augmentant la force d’étirement. On y sent l’effort. On tend la corde d’un arc pour augmenter sa puissance, on tend la corde d’un instrument pour le rendre vibrante, un style d’écriture peut être tendu de même qu’une relation humaine. Le nerf, initialement désignait le muscle et son tendon tels qu’on les distingue maintenant – on avait les nerfs tendus et on réagissait à la moindre pression.

Notre fonctionnement

Nous vivons de la relation et la contraction musculaire est la réponse physiologique à la pensée ou à l’émotion. Mouvement volontaire, réflexe ou réaction végétative, le système nerveux s‘exprime par la contraction. Mais le langage normal de l’action est contraction/action/relâchement.

C’est la perturbation de ce fonctionnement qui fait que l’on reste tendu.

Il ne s’agit donc pas d’abandonner la tension (mort) mais de l’ajuster. Une tension résiduelle, une contraction inutile, un état d’inquiétude, une susceptibilité, une irritabilité, une hyper réactivité,…Autant de degrés pour  décrire l’état de tension.  Comment faire? Tension et détente sont des processus intriqués qui se répondent incessamment. On n’est pas tendu ou détendu une fois pour toutes. Alors?

Se rendre compte de l’état de tension

La détente commence souvent par la prise de conscience. Car même quand on en souffre, on ne se rend pas spontanément compte de notre excès  de tension. On vit avec, on a l’habitude, c’est comme ça, tout le monde est ainsi dans ma famille,…

La prise de conscience prend ses repères dans la sensation. Il faut en faire l’expérience.Douleur, restriction d’amplitude, crispations, déformations et déviations posturales sont des signes de tension et Il faudrait y ajouter le tableau des réponses neuro végétatives qui signent l’excès de stress non résolu. douleurs articulaires, haute tension artérielle, émotivité, contractions, spasmes,…

… et se donner les moyens de l’ajuster

  • A l’écoute de la détente, on perçoit de la lourdeur et de la chaleur, des  picotements peut-être, la respiration s’approfondit et on se met à bayer.
  • Une contraction volontaire suivie de son relâchement permet de mieux identifier et savourer la décontraction.
  • Les étirements progressifs augmentent la sensation musculaire; on identifie le trajet, les points d’attache des muscles ainsi que leur action spécifique ou encore, la suite de muscles étirés dans tel ou tel geste.
  • La mémoire pour évoquer les bons moments  où l’on a respiré la détente.

Instants de bonheur, moments de félicité insouciante,… Le bonheur est tout près mais, inconscient dans l’expérience, il faut une légère distance pour en identifier le passage. Détente une fois le besoin soulagé, l’effort récompensé ou le conflit apaisé mais aussi détente de la sieste et du rire, d’une pause méditative à l’odeur  d’herbe fraîche dans les premiers soleils, jouissance de tous les petits et les grands plaisirs,…

Ce qui était tendu par le désir, l’effort ou la fatigue est détendu par la satisfaction. Soyons satisfaits!  La peur et l’insatisfaction stagnante nous crispent.

Comprendre les mécanismes

L’expérience se complète par la connaissance et la compréhension des mécanismes mis en jeu dans l’adaptation et la réponse au stress.

Face à une demande, l’organisme se mobilise pour l’action. Il met en branle la chimie propre à la réponse musculaire: activation de la respiration et redistribution de la masse sanguine, augmentation de la disponibilité en glucose,…et, en fonction des mouvements nécessaires le muscle sera plus ou moins tendu, prêt à répondre à la situation.

C’est un système interne au muscle ( le fuseau neuro musculaire et la boucle gamma) qui ajuste ce tonus pour répondre par des mouvements rapides ou lents, courts ou longs,… L’action passée, la demande satisfaite, on s’apaise et revient au régime ordinaire.

Toute situation nouvelle,  inconnue  ou reconnue comme difficile – risque d’échec, peur d’une sanction ou transgression de l’interdit-  nous inhibe. Elle  nous empêche d’agir et donc de résoudre le stress dont les effets négatifs s’accumulent et s’inscrivent «en dur» dans notre posture, notre fonctionnement et notre comportement.

Une stratégie de bien-être

Se détendre c’est aussi une philosophie du bien vivre; on cultive la satisfaction profonde, l’émerveillement et la curiosité devant le vivant.

En effet, si le système réflexe gère silencieusement les contractions propres à maintenir l’équilibre de la posture,  le conscient et le subconscient gèrent aussi la sensibilité neuro-musculaire qui influence directement le tonus musculaire de base. La disposition intérieure résonne ainsi sur la “susceptibilité” du système.

Et c’est aussi AGIR.

Agir car la détente active n’a rien du refuge dans l’indifférence ou de l’extinction du désir. Pas d’agitation et pas d’activisme mais une action ajustée en relation avec la satisfaction et la résolution de la tension. Evitement intentionnel, affrontement décidé , négociation conflictuelle ou inhibition très passagère, les stratégies de la réponse au stress sont connues, il s’agit de les mettre en oeuvre en gardant le cap de la détente qui libère l’action efficace.

Tout un programme, toute une culture où le Taichichuan joue pleinement dans l’harmonisation des tensions et le plaisir partagé.

A suivre… « l’harmonisation des tensions et la construction du corps énergétique»

Jean-Luc Perot

19
février
2009

Atelier de février avec Epi van de Pol: recevoir et retourner l’énergie

Avec le désir de partager une approche plus fondamentale du Taichichuan avec les pratiquants Jiseido, nous avons invité Epi van de Pol, professeur hollandais investi depuis plus de 20 ans dans la recherche en Taichichuan. Epi propose aujourd’hui une approche réaliste fondée sur l’alignement postural et la détente.
Pratique, elle concilie l’exercice quotidien, l’approche des formes et la rencontre du partenaire en « poussées des mains » Tui shou comme en « boxe de l’ombre » san shou. Epi s’inspire de l’enseignement de feu le maître Wang shen shiang – formulé aujourd’hui par des pratiquants comme Patrick Kelly ou Wee Kee jin et de l’enseignement synthétique de Peter Ralston. L’atelier proposait 4h de QiGong pour clarifier les fondements de la pratique – l’alignement postural et la détente profonde:
  • 4h de tui shou pour la vérification de ces principes dans la pratique des poussées
  • 4h de san shou pour en étendre la validité dans le tension créée par l’idée de frappe.

Voici un aperçu des principes fondamentaux …

L’essentiel est dans la confiance en soi, stabilité, réceptivité et mobilité développée par une posture redressée, centrée, alignée et détendue. C’est alors seulement que l’esprit peut proposer un mouvement descendant dans le sens de l’attraction terrestre, que l’énergie peut ouvrir les passages pour que le corps, finalement puisse se fondre dans cette proposition. L’esprit donne le sens et la détente crée la place où le corps peut se glisser. Ce cycle éducatif est la base : l’esprit d’abord, l’énergie ensuite et le corps enfin.

Dans la détente, tout commence à la terre. La vague de détente/ouverture remonte par les chevilles, les genoux et les hanches pour remonter la colonne vertébrale.
L’esprit propose la descente à la terre, la vague ouvre le chemin en remontant à partir de la terre et le corps s’enfonce au fur et à mesure de la détente. Quand l’esprit suscite une flèche ascendante,  c’est encore la détente qui ouvre les passages en remontant vers le sommet pour que le corps remonte en suivant l’invitation de la pensée.
L’exercice fondamental sera donc l’activation de ces cycles ascendants et descendants que l’on pourra empiler en 2, 3,4,…couches afin de distiller de plus en plus finement cette qualité onctueuse.
L’important est de trouver l’image pertinente pour que la pensée puisse initier le mouvement. Comme un pendule tenu immobile se met en mouvement par la pensée, l’intention crée le mouvement.
Il ne faut pas hésiter à convoquer les couleurs des émotions pour favoriser la mobilisation de l’énergie. Entrer en contact avec une main était chaude ou glacée n’entraine pas la même réponse, de même donner un accueil chaleureux ou glacial, timide ou cordial,…
La détente n’est pas abandon et avachissement mais capacité à distiller sa propre relaxation.
Au sein de la posture, le point de chute se situe entre les pieds, à l’intérieur de l’appui pour ne pas créer un courant trop lisible dans un pied qui inévitablement se durcirait en compression. Si on veut offrir le vide, la non résistance à la force adverse, il faut chercher le vide en soi et c’est entre les pieds, dans l’indistinction de l’appui que se cache le vide.
La sensation se vivra en volume, en s’assurant que paroi antérieur et paroi postérieur se vident également sans provoquer de protrusion vers l’avant ou l’arrière. Tout déséquilibre fait perdre la liberté de pensée et asservit le corps par des tensions compensatrices.
L’image du sablier pourrait inspirer cette fonte grain par grain. Comme la mobilisation en tension est un processus spontané et irrépressible qui accompagne l’idée ou l’intention, la détente sera elle aussi un processus continu, régulier, toujours réenclenché. La détente comme principe de vie, comme choix existentiel. Essayer d’être de moins en moins soumis à la ré-action et de plus en plus libre dans l’action. Ce processus d’automatisation passe par un exercice régulier avec des repères tangibles qui permettent de sentir ce à quoi on s’entraine. La détente est comme une boussole qui permet de garder le cap de l’entrainement, le corps et l’esprit sont intimement mêlés dans l’énergie.
Jean-Luc
Février 2009
9
novembre
2008

Los cuatro tiempos del cuerpo – en España con Jean-Luc Perot

QI GONG « Seis actitudes frente a la vida»

Esta secuencia la recibí en un curso del doctor Yayama en el año 2002, para afinar la disposición mental en la práctica de su Qi Gong.

  1. Acoger. La gratitud, aceptar el tiempo que viene y se va : abrir los brazos.
  2. Ofrecer. El amor solar, irradiante : dar, adelantar las manos.
  3. Autocuración. Cuidar de uno mismo, aceptarse sin remordimientos ni arrepentimientos: los brazos cruzados descienden desde la cabeza para limpiarse de esos parásitos o interferencias.
  4. Evolución. Confianza en la progresión positiva del entrenamiento y en la evolución de la vida : los dos brazos suben delante y arriba.
  5. Universalidad. Abrirse al tamaño universal de la aventura : los brazos describen un círculo de abajo a arriba, hasta encima de la cabeza.
  6. Creatividad. Estar consciente de tu propio papel en la creación : las dos manos unidas suben hasta lo más alto siguiendo la corriente central.

Convencido de que la eficacia del Qi Gong está en nuestra manera de mirar a la vida, se me ha impuesto la necesidad de profundizar en el sentido de esos gestos.

He aquí una interpretación de ahorita siguiendo mi propuesta de los cuatro tiempos del cuerpo :

1 y 2. Cuerpo físico y orgánico : El tiempo físico nos sitúa en el planeta Tierra, materia sometida a la atracción terrestre, a la forma en el espacio/tiempo y a la vida. El tiempo orgánico nos considera como un cuerpo integrado en el cual cada parte, cada trozo está conectado con el Todo vía la sangre, el aliento y la mente. De pie, firme en la Tierra con un tropismo solar y un respaldo posterior con un apoyo consciente en sus propias espaldas. Conteniendo la expansión de la pared anterior (abdomen y caja torácica) la respiración, en su proceso mecánico, nos hace sentir cómo la presión sube desde el fondo (perineo) de la pelvis hasta la nuca y el cráneo. Eso nos permite, por una parte, construir una postura alargada subrayando su componente neumática y, con el mismo mecanismo, poner un acento más claro sobre las bisagras (referidas a la colocación de Chacras) usando la cualidad plástica de los tejidos. Es lo que llamo el “efecto globo” : si apretamos un globo de goma desde un lado, se expande el otro lado. Por otra parte, esto también nos permite seguir con el movimiento de los brazos y manos el nivel de la expansión intracorporal.

3. Cuerpo energético : Somos un todo, un complejo sistema abierto que vive de intercambios disipando la energía recibida en el mero hecho de vivir.

  • 1 y 2. Son el paso inicial y fundamental, dar y recibir, abrir los brazos para dejar fluir la energía saliendo y entrando sin estancamiento ni pérdida. Acoger la vida y dar a la vida.
  • 3. Cuidar de uno mismo. El descenso de las manos conduce a la Tierra todas las interferencias nefastas. La Tierra, en esta acepción, es el humus, la materia térrea que puede reciclar todos nuestros gastos.
  • 4. Andar con la vida que nos invita a la transformación, a la mutación y a la continuación. Ánimo y adelante. Crecer es aceptar el cambio, la evolución. La muerte se hace parte de la vida.
  • 5. No podemos mirar hacia nosotros sin entender que estamos incluidos en la vida de la Tierra, es decir, en nuestra Sistema Solar, formando parte del cosmos ; y más allá del universo, evolucionando desde hace unos 15 millones de millones de años hasta hoy.
  • 6. Y eso nos invita a tomar en conciencia la unicidad de nuestra presencia y la creatividad que nos hace vivir de una manera única. Cada uno es esencial en este sentido.

4. El cuerpo filosófico : Se apoya sobre los 3 otros y será enunciado de forma personal por cada uno de nosotros.

  • 1- Abrir los brazos resuena con plena receptividad. Una disponibilidad humilde a lo que ocurre para dejarse fecundar y despertar una adaptabilidad al cambio.
  • 2 – Dar sería implicarse, meterse en la vida , participar con confianza y esperanza de lo mejor, puesto que este compromiso amoroso tiene que ver con el poder del Sol.
  • 3 – La abertura implica una visión realista de nuestra situación para aclarar lo que nos nutre y nos hace crecer, lo que nos hace daño y lo que optimiza el placer de vivir. Aceptar nuestra vulnerabilidad como oportunidad para aprender y no para victimizarse ante lo poco de libertad que nos deja nuestra vida.
  • 4 – Ni pesimista ni optimista, sino un sentido trágico de la vida. El deseo de aprender y la confianza en la evolución nos permite seguir adelante con flexibilidad y un apreciado sentido del humor. Para cambiar (mutar) hay que intercambiar sin parar de caminar.
  • 5 – La armonía viene de la conciencia de mi participación en el Todo : soy una célula de un organismo gigantesco , universal y cósmico; una conciencia biológica, ecológica y humanitaria. Una conciencia humana ensanchada por el aprendizaje de las leyes de la vida en el campo relacional.
  • 6 – La humanidad espera que yo sea como Yo, con coherencia entre lo que pienso, lo que siento y lo que hago. La creatividad es natural, cada uno vive en una fórmula inédita. Haz lo que hagas, no se trata de cambiar el mundo sino de crearse a uno mismo. La verdadera subjetividad nos permite relacionar y compartir con otros.

Jean-Luc Perot

Febrero del 2008

2
novembre
2008

La transmission du TaiJiQuan

Tradition contre traditionalisme.

Petit propos provocateur et pacifiste.

D’abord, il y a la manière chinoise de dire que le TJQ est un art vénérable. Don fait par le Ciel à un empereur lié au nord et à la nuit … Intuition sublime face à l’affrontement du serpent et de l’oiseau… Un sage venu de l’Inde, des moines guerriers, des héros justiciers…

Tout un langage codé où se répondent les nombres, les éléments, les images et les couleurs dans la vision organique de la tradition chinoise au gré des milieux et des époques. Option métaphysique, symbolique, légendaire, médicale, sexuelle, une transmission vivante et changeante en accord avec les époques. Le Dao à mille portes, chacun la sienne. Ensuite il y a le piège d’une traduction littérale, péché traditionnaliste qui fige le message en dogmes et vérités, règles et lois.

Le TaiJi devient l’UN absolu et tout puissant, la vérité ultime – Ne cherche pas à comprendre, c’est vrai puisque les Anciens l’ont dit – travaille petit débutant !

Le TaiJiQuan est alors un trésor, un répertoire de gestes et de silences sacrés, à copier fidèlement avec l’espoir d’arriver un jour à la sagesse des sages.

Extinction du feu de l’esprit, domination des mots et des images toutes faites. Du prêt-à-porter, déjà pensé et formulé à l’usage du profane. Vision hiérarchisée, programmée de la progression où l’expérience réfère davantage à avoir de l’expérience qu’à faire une expérience. Un rapport de domination stable s’installe entre les « initiés » détenteurs de pouvoir et les « inhibés » demandeurs de pouvoir.

C’est la version institutionnalisée de la tradition, le message est perverti, le transmission ne porte plus sur l’inexprimable, le vide et la question mais sur le discours, l’emballage et la réponse.

De l’autre côté, la version révolutionnaire.

Le regard se déplace du sommet vers la base, de l’objet vers le sujet, du maître vers l’élève et de la transmission sur la réception.

C’est là que s’exprime le mieux la vertu de l’exercice où le désir fonde l’engagement. Il ne s’agit pas de récuser le travail des Anciens : Au contraire, se mettre dans leurs traces, monter sur leurs épaules, retrouver l’innocence où l’expérience du monde passe par l’expérience de soi.

L’invention de soi.

Aventure de toute la vie où l’on rencontre le sauvage « le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui », autant de montagnes à gravir, de tigres à chevaucher, d’ailes à déployer et d’offrandes à adresser à l’immortel.

Dans l’invention de soi, Il y a d’abord l’idée de venir à soi (in-venire), en soi ou vers soi c’est à dire faire une conversion, un retournement des sens de l’extérieur vers l’intérieur sans se laisser distraire par le brillant, le bruyant et le payant.

Ambiance de méditation, de concentration ou de réflexion bien évoquée par le verbe – se recueillir à l’infinitif; se cueillir sans cesse.

Il y a ensuite un travail d’inventaire, décapant comme le vitriol des alchimistes. Visite Interioram Terrae Rectificando Invenies Auris Lapidem Veram Medecinam. Distinguer et trier avec une conscience plus claire ce que l’on garde et ce que l’on abandonne dans tout ce qu’on a l’habitude de considérer comme soi ou comme sien parce que allant de soi, depuis toujours. Exercice difficile, enfermé que l’on est dans les idées toutes faites, dans les comportements automatiques parce que enregistrés très tôt et valorisés par le milieu qui nous a vu naître.

Enfin il y a invention, acte d’imagination où l’on combine de manière inédite les éléments de notre vie. C’est le propre de l’homme.

Créativité de l’artiste qui à l’intérieur de la contrainte formelle exprime sa manière de vivre et de faire vivre la forme avec assez de conformité pour jouer en concert avec les autres et assez d’originalité pour en faire une œuvre renouvelée.

Emergence d’une personnalité où l’on peut voir à l’œuvre la puissance unifiante de l’esprit qui circule de l’intention à l’action en mobilisant les souffles et la sensibilité . Image fécondante pour celui qui regarde et se sent invité à participer.

Tradition en mouvement contre tradition figée

C’est la disposition d’esprit de l’élève qui fait se lever maîtres et adeptes au gré de leurs rencontres et qui nous rend compagnons dans la Vie.

Jean-Luc Perot

8
octobre
2008

YangJia Michuan TaiChiChuan en España con Jean-Luc Perot

En Madrid

Paco CARACUEL tel : 609 887744 – 91 528 86 01 : pacochuan@telefonica.net

En Oviedo

Ignacio MORIYON : info@3armonias.com (www.3armonias.com)

En Extramadura

Centro LALITA Valle del Linar 10857 Acebo : info@lalita.net (www.lalita.net)

Escuela : La Main Franche

Jean-Luc Perot – Tai Chi Chuan Yang Michuan

Sobre el Contenido

Tengo la convicción de que el Taichichuan (TaiJiQuan) es como un archipiélago, conjunto de islas distintas que juntas, forman una tierra donde se puede vivir.

Qi Gong

Es la isla mayor. Afinar la sensibilidad desde el cuerpo físico hasta el cuerpo energético – entender el funcionamiento (la fisiología energética) en término de integración dinámica del yin/yang, aspectos contradictorios que hacen el Taichi. Lire la suite de cette entrée »